Issy-les-Moulineaux, le 26 août 2026 – Près de deux ans après son lancement, « Mon test IST1 » s'impose comme un nouveau levier e6icace d'accès au dépistage. Selon une analyse menée sur plus de 1,3 million de personnes dans 750 laboratoires Cerballiance, un tiers des patients qui se font dépister pour une IST ont utilisé ce dispositif sans ordonnance. Et il démontre aussi toute sa pertinence pour détecter les infections, puisqu'un quart des cas positifs à au moins une IST sont identifiés grâce à lui. Sur certaines IST, le taux de cas positifs est même supérieur dans le parcours sans ordonnance.
Les infections sexuellement transmissibles (IST) restent un enjeu majeur de santé publique en France2 alors que plusieurs infections continuent de gagner du terrain et que près d'une infection au VIH sur deux (43%) est encore découverte à un stade tardif3. Pour favoriser un dépistage plus précoce et faciliter l'accès aux tests, le dispositif « Mon test IST », lancé en septembre 2024 par le ministère de la Santé et l'Assurance Maladie, permet d'eTectuer gratuitement, sans ordonnance ni rendez-vous, un dépistage du VIH, de l'hépatite B, de la syphilis, de la gonorrhée et de la chlamydia dans un laboratoire de biologie médicale.
Un tiers des personnes dépistées ont eu recours au dépistage sans ordonnance
Engagé dans la mise en œuvre de « Mon test IST » via son réseau Cerballiance, Cerba HealthCare a analysé les données de dépistage réalisées dans ses laboratoires au cours de la première année du dispositif. L’analyse porte sur 1 311 118 personnes dépistées pour au moins l’une des cinq IST concernées par le dispositif (Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae, VIH, virus de l’hépatite B et syphilis4). Parmi elles, 33,3 % ont eu recours au dépistage sans ordonnance. Les patients concernés étaient plus fréquemment des hommes et appartenaient principalement à la tranche d’âge 20-39 ans. Ces résultats montrent que le dispositif élargit le recours au dépistage auprès de publics plus jeunes et davantage masculins, traditionnellement moins présents dans les parcours de dépistage sur prescription.
« Rendre le dépistage plus accessible, c’est renforcer la prévention. Dans nos laboratoires, nous le voyons concrètement et cette étude le démontre : “Mon Test IST” permet de toucher davantage de personnes, notamment des publics moins présents dans le parcours de dépistage traditionnel, et de détecter plus tôt des infections qui, pour certaines, évoluent silencieusement vers des complications parfois irréversibles. » – Laurent Escudié, directeur général du réseau Cerballiance France.
Chlamydia et gonorrhée : un taux de détection supérieur au dépistage avec ordonnance
Au total, un quart des cas positifs identifiés l'ont été grâce au dépistage sans ordonnance. Les taux de positivité observés sont comparables à ceux du dépistage sur ordonnance et même supérieurs pour la chlamydia et la gonorrhée.
Ces deux infections parfois asymptomatiques peuvent évoluer silencieusement pendant de longues périodes, ce qui favorise leur transmission lorsqu’elles ne sont pas diagnostiquées.
Ces résultats confirment la complémentarité des deux modalités d’accès. Le dépistage sans ordonnance ne se substitue pas au parcours médical conventionnel qui continue à jouer un rôle essentiel auprès des populations présentant un risque plus élevé d’infection sexuellement transmissible. En revanche, il permet de lever certains freins au dépistage et d’atteindre les publics qui y recouraient moins jusqu’à présent. En démontrant sa capacité à identifier eYicacement des cas positifs, le dispositif « Mon test IST » conforte la place du dépistage sans ordonnance dans la stratégie de prévention et de diagnostic précoce des IST.
« Cette étude montre qu’en matière de dépistage, plus accessible ne veut pas dire moins e6icace. En touchant davantage de personnes tout en identifiant e6icacement des cas positifs, le dépistage sans ordonnance démontre toute sa valeur en santé publique.” » souligne Laurent Escudié.
Une prise en charge qui facilite le parcours de dépistage
Pour les moins de 26 ans, ces dépistages sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais. Pour les plus de 26 ans, seul le dépistage du VIH est pris en charge à 100 %. Les quatre autres IST sont quant à elles remboursées à hauteur de 60% par l’Assurance Maladie, les 40% restants peuvent être couverts par la complémentaire santé du patient.
À propos de l’étude Impact of prescription-free access to sexually transmitted infection screening tests in medical-biological laboratories: cross-sectional analysis of data from clinical laboratories in France
Auteurs : Andres Gil-Salcedo, Vincent Gazzano, Stephanie Arsene, Agnes Durand, Steven Roger, Laurence Prots, Nathalie Laurencin, Erwan Le Naour, Olivier Bausset, Benoist Ghalli, Anne-Claire Strzelecki, Claire Felloni, Romuald Levillain, Delphine Feuerstein, Benoit Visseaux, Laurent Escudie, Claire Visseaux, Charles Leclerc, Stéphanie Haïm-Boukobza — on behalf of the Cerballiance STI study group.
Auteur correspondant : Stéphanie Haïm-Boukobza.
Méthodologie : L’analyse porte sur les personnes ayant réalisé un dépistage de Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae, du VIH, du virus de l’hépatite B et/ou de la syphilis dans les laboratoires Cerballiance entre le 1er septembre 2024 et le 31 août 2025. Après exclusion des personnes de moins de 15 ans, des données manquantes et des résultats incohérents ou ininterprétables, la population étudiée comprenait 1 311 118 personnes.
Les données sont issues de la base de données de santé de Cerba HealthCare, avec autorisation et supervision de la CNIL – autorisation n° 2231450. Elles portent sur le réseau Cerballiance et ne constituent pas une estimation de prévalence nationale en population générale.